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"MONTOLIEU
Village du livre et des Arts Graphiques"
par Jacques Abrassart.
Une
seconde association se constitue début 1990 sous le
nom de "Montolieu, Village du Livre". Alors que
"Mémoire du Livre" avait surtout pour but
de développer le volet pédagogique avec ses
chevilles ouvrières, le musée et le moulin à
papier, et qu'elle se voyait freinée faute de moyens
pour acheter ou louer un local susceptible de les abriter,
"Montolieu, Village du Livre" se donnait pour tâche
de réunir toutes les conditions pour, d'une part, convaincre
des libraires, bouquinistes et artisans de s'installer à
Montolieu et, d'autre part, y attirer une clientèle
capable de les faire vivre.
Le
moment est peut-être venu d'établir un état
des lieux sommaire de Montolieu sur le plan socio-économique.
Ayant atteint le sommet de la prospérité au
milieu du XIXème siècle, avec plus de 1500 habitants
et nombre d'industries telles que la laine et ses dérivés,
le fer, le papier, sans parler d'une quantité d'artisans,
de commerçants, de paysans vivant de la polyculture-élevage
et de la viticulture, la petite cité se retrouve fin
1989 en posture bien plus modeste : moins de 850 habitants,
répartis à l'écart du village lui-même,
dans un hameau, un petit lotissement plutôt déserté
et une quinzaine de fermes ; la dernière petite industrie,
une tannerie à l'agonie et qui fermera dans moins de
3 ans ; la viticulture en déclin malgré un vignoble
situé en zone d'AOVDQS, la cave coopérative
n'ayant plus que 7 ans à vivre ; deux équipes
municipales successives pour le moins léthargiques
ont laissé le village, sa voirie et ses abords dans
un état peu engageant. Quant à la population,
elle a vieilli, sa jeunesse a quitté le pays en quête
de travail et, signe alarmant, l'école vient de fermer
une classe. Ce n'est qu'aux vacances scolaires que les rues
s'animent, car les Montolivains disséminés aux
quatre coins de la France aiment se retrouver au pays et réouvrir
temporairement les vieilles maisons familiales. Par chance,
et malgré la proximité de la préfecture
(17 Km), de ses grandes surfaces et autres zones artisanales
et industrielles, Montolieu a conservé au contraire
de nombre de ses voisins, tous les services nécessaires
à la vie sociale : groupe médical, dentiste,
pharmacie, notaire, boulangerie, boucherie-charcuterie, épicerie,
café, tabac-journaux, sans parler des artisans en maçonnerie,
plomberie, électricité, mécanique-auto.
Mais pour combien de temps encore ? Certains commerçants
sont âgés et la relève n'est pas assurée
Mais voici que grâce à Michel Braibant, tout
va changer.
Montolieu
veut secouer son inertie, prendre un nouveau départ
et se lancer dans une voie inédite de développement
rural. Le père fondateur, armé de sa conviction,
de ses dons de persuasion et de sa ténacité,
remue ciel et terre, frappe à toutes les portes, trouve
un premier financement auprès de la région.
Il finit par emporter l'adhésion de Madame le Maire.
La municipalité remettra un immeuble récemment
acquis en état de recevoir un artisan selon la formule
d'un atelier-relais (contrat de location-vente sur 15 ans).
Le Conseil Général permettra au Centre Départemental
du Tourisme de réaliser un dépliant d'appel
en 30 000 exemplaires, d'après une maquette conçue
par MVDL ("Montolieu, Village du Livre"). Avec une
belle inconscience et un culot délibéré,
l'équipe animant cette association envoie à
deux reprises un mailing incitatif aux milieux professionnels
pour inviter les bouquinistes et artisans à venir s'installer
à Montolieu. Et ils viennent ! Timidement d'abord,
plus nombreux ensuite, ils achètent quelques immeubles
qu'ils retapent pour ouvrir leurs boutiques. C'est ici que
l'effet "locomotive" de la notoriété
de Messieurs Booth et Anselot donne toute sa mesure.
Parallèlement,
MVDL s'efforce de créer, avec de faibles moyens mais
pas mal d'efficacité, des événements
locaux susceptibles d'éveiller la curiosité
et l'intérêt d'un public d'abord de proximité",
plus élargi ensuite. Foires aux livres, soirées
théâtrales, Ciné-club, animations de rues,
toutes les occasions sont bonnes pour attirer l'attention.
Les médias sont chaque fois sollicités pour
diffuser l'information et si possible venir se rendre compte
sur place. Toute inauguration d'une nouvelle librairie donne
lieu à une petite manifestation. Bien entendu, un support
comme ce qui fut appelé lors de sa création
par Jack Lang "La Fureur de Lire", est exploité
avec succès. Fin 92, huit à dix boutiques sont
ouvertes et l'artisanat est représenté par un
relieur, un calligraphe et un graveur.
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