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Je confie cette page aux Montolivains!.
Écrivez ce qui vous passe par la tête, par les jambes, par les pieds, par le sexe, par les yeux, par la bouche, par le nez !
Imaginez, rêvez, réagissez, exclamez-vous, riez, pleurez, chantez, rouméguez et espantez-vous !

Mai 2002
Réunion au sommet ou presque...

Lire le compte-rendu


Réunion au sommet
© Photo Florence Lucas "Le vent des forêts"


Ils sont passés à Montolieu

"A Montolieu, je ferais un petit Versaille ; j'ai dit". Louis XIV.

"A Montolieu,
Mieux aimassent à gogo
Gésirs sur mols coussinets." Charles d'Orléans.

"A Montolieu,
Ne parlons que de joie et jusqu'au conjugo
Laissez-moi, s'il vous plaît, m'en donner à gogo". Thomas Corneille.

"Il est beau le lavabo !". François Mitterand.

"Tan am midons e la tenh car, e tan la dopt'e a reban c'anc de me no, ih auzi parlar." Traduction : "Il me faut quelqu'un...je la baise en tous sens, et après on se calme." Bernard de Ventadour, troubadour occitan.

"Un livre, à quoi ça sert ? ça sert à cacher les choses ; pour que les autres ne les trouvent pas." J.M.G Le Clézio.

"La plupart des gens ont le courage de vivre leur vie, très peu ont le courage de la représenter." Jean Luc Godard.

Il venait de déguster une figue, dans la ruelle des Jardins, quand la grand-mère sortit sur le pas de la porte ;
Il dit avec un accent vénitien : Elles sont belles vos figues!
Oh, vous savez, elles sont toutes mariées, répondit la grand-mère.
(ébé ! elle avait compris "filles" au lieu de "figues" tê !).
Casanova, passage furtif à Montolieu.


Il y a.
Le 11 avril 2001

A Montolieu il y a une piscine, un terrain de football, un terrain de tennis,une épicerie, une boulangerie, une boucherie, une pharmacie, un tabac-journaux, deux cafés-restaurants, un café, deux salons de coiffure, des entreprises de maçonnerie, de plomberie, de peinture, une Poste, une école, un élevage de sanglier, d'escargot, de chiens, des vaches et des brebis, deux maraîchers bio, un poissonnier de passage, un Petit Versaille et un Petit Paradis, un centre de sculpture, une fonderie d'art, une galerie d'art, deux torrents, des platanes Napoléoniens, des platanes de l'an 2000, l'église Saint André et la chapelle Saint Roch, le foyer municipal, la Maison des Jeunes, des bouquins en vrac à tire-larigot, une table de désorientation, un champ nirvanescant glandeur nature, le ruisseau de la Goutine, la grotte de l'Angélique, Pech Rozie, les ruisseaux de Peyrouse et du Pesquié qui zizaquent d'un air inouïble, un château d'eau insubmerscible, il y a des mariols, des poètes, artistes sans oeuvres, des dahus, des ombres blanches, land art et fruits érotiques, des pétanqueurs, des touristes en goguette, des vacanciers à l'escampette, des oisifs, un bibliotaphe converti, un botaniste sans maître, des orchidées godemichiennes, des fermes en pagaille qui sentent l'ail et le groin, il y a dans les rues, au souper, des odeurs de soupes gargantuesques, de terrine de langue de dragon flambée, d'alouettes tombant du ciel toutes rôties...à Montolieu il y a des cactus.


Le 26 mai 2000. Une chanson enfantine montolivaine.

Dans Montolieu, il ya une rue
dans cette rue, il n'y a pas de maison
dans cette maison, il n'y a pas d'escalier
dans cet escalier, il n'y a pas de chambre
dans cette chambre, il n'y a pas de table
sur cette table, il n'y a pas de machine à écrire
sur cette machine à écrire, il n'y a pas de main
dans cette main, il n'y a pas de poème.

Le poème renversa la main
la main renversa la machine à écrire
la machine à écrire renversa la table
la table renversa la chambre
la chambre renversa l'escalier
l'escalier renversa la maison
la maison renversa la rue
la rue renversa Montolieu.


Le 9 mai 2000. Une anecdote.

Il y a quelques années, j'étais allé faire un tour à Paris, et au retour, dans le train qui me ramenait à Carcassonne, je fis la connaissance d'Ismaël Kadaré, le grand écrivain albanais. En effet au wagon restaurant, un troupeau d'écrivains, de journalistes, de vedettes du show-biz... avaient un point commun : Ils se rendaient tous à la foire aux livres de Brive-la-Gaillarde. Ismaël Kadaré était dans un petit coin avec son petit café, il restait une place à côté de lui, j'en profitai pour m'asseoir. Il avait l'air solitaire et montrait peu d'intérêt pour les autres invités. Je lui adressai la parole en lui demandant son nom, car je connaîssais son visage. Il s'engagea chaleureusement dans la conversation. Il me demanda d'où je venais, où j'allais, et je ne manquai pas de lui parler de mon village du livre, Montolieu. Il fut étonné de cette aventure, jugeant l'idée très bonne, mais il en proposa une autre meilleure : il avait lu la veille sur un journal qu'une ville américaine, Dallas je crois, comptait des centaines de fleuristes et un seul libraire, [peut-être cela a-t-il changé depuis]. "C'est là-bas qu'il faut créer des librairies !", disait-il - Il n'avait rien contre les fleuristes mais exprimait la résistance à l'appauvrissement de l'esprit, à l'insensible décrépitude de la liberté. Ce n'est pas rien pour un écrivain qui fait figure de "dernier dinosaure" de la contre-utopie, puisque le totalitarisme albanais ne déclina qu'à partir de 1990.


 

Le 3 mai 2000. Signé "Le Corbeau des champs"

Comme d'habitude !


Le 1er mai 2000. Un nain Tello.

Bonjour, je voudrais vous faire part d'une de mes lectures. Il s'agit d'un extrait du livre de Peter Esterhazy," L'oeillade de la comtesse Hahn Hahn, Voyage sur le Danube" :

"Une ville, c'est ce qu'elle imagine d'elle-même. Ce sont les idées qu'elle se fait d'elle-même, ce qu'elle fantasme. Ce qu'elle ment. Ce qu'elle dissimule et qu'elle exagère. Ce qu'elle travestit, forge et baratine. Une ville, c'est l'étoile du firmament dont elle nie l'existence !
Tu auras tiré de mes rapports cette conclusion que la véritable ville de Budapest est une succession dans le temps de villes différentes, alternativement justes et injustes. Mais ce dont je voulais te faire part n'est pas là : savoir que toutes les Budapest à venir sont déjà en cet instant présentes, enroulées l'une dans l'autre, serrées, pressées, inextricables."

Pourrait-on assimiler cette réflexion à Montolieu ou à tout autre ville ou village ?


Le 30 avril 2000. Patriste Esclaffe

J'ai découvert à Montolieu une plante qui fait aimer la lecture. Pour avoir des résultats certains il faut en faire une gelée avec ses fruits bien mûrs. Je la garde secrète car elle est rare et d'une beauté époustouflante. Elle vit en symbiose avec le pipi des pies [comme par exemple des orchidées vivent en symbiose avec des champignons microscopiques]. J'ai remarqué un jour une belle pie faisant pipi à un endroit précis, aux mêmes heures de la journée, c'est à ce même lieu que j'ai découvert cette plante qui fait aimer la lecture. Vous me demanderez comment je sais qu'elle donne envie de lire. Eh bien parce qu'un jour de grand vent je regardais les nuages très hauts dans le ciel, bouche bée comme un fada, je me trouvais au lieu même de reproduction de ces plantes [je l'ai su par la suite], et puis une pie m'a pissé dessus en volant ; j'en ai avalé un peu et j'ai recraché. Et quelque temps après j'ai découvert cette superbe plante. Je suis venu la revoir souvent. Et puis elle a fait des fruits. Comme j'aime bien jouer les fou-doués, j'ai élaboré une mixture avec ses fruits. Et depuis j'aime lire !. Je lis dehors en plein vent, et les pies chantent sur mon épaule. Parce qu'elles ne savent pas lire elles, elles sont trop bêtes, alors elles chantent comme des fadas ! et tant mieux !.



Le 29 avril 2000. Théodore Apoil

Le 11ème congrès de Banalyse aura lieu à Montolieu au mois d'août 2000. Je rappelle aux auditeurs que la Banalyse est la science du Banal.
Voici le programme des activités et réflexions :
§ Analyse de l'heure d'arrivée du car d'Albi.
§ Comment l'ouverture d'un livre chez un bouquiniste montolivain modifie-t-elle l'industrie du livre à la bourse de Tokyo ?
§ Les poubelles sont-elles pleines ou les poubelles sont-elles vides ?
§ La plante qui fait aimer la lecture, découverte par notre ami Patriste, est-elle en passe de devenir l'élixir de jouvence ?

Webmestre : Jean Pierre Agasse.
ébé tè avé plaisir !