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Ernest
Jünger
"Le véritable écrivain, comme la véritable
richesse se reconnaît non pas aux trésors qu'il
possède, mais à sa capacité de rendre précieuses
les choses qu'il touche."
C.A
Cingria
"Si l'on ne trouve pas surnaturel
l'ordinaire, à quoi bon poursuivre ?
F.Nietzsche
"Qu'importe un livre qui ne peut une fois nous transporter
au-delà de tous les livres."
Arthur
Koestler
"Gutemberg inventa la presse d'imprimerie à
caractères mobiles en combinant les techniques de l'estampage
avec celles du pressoir à raisins."
Joseph
Delteil.
"Mon rêve est d'écrire un
livre capable de réjouir les pieds, les mains, les ventres
et les moelles - je gaspille en vain mon âme, mon temps,
et mon coeur, si à la fin de la parade, je ne vois mes
hommes sauter tous en choeur en l'air en criant Eurêka."
www.josephdelteil.org
Jules Renard.
"Quand je pense à tous les
livres qu'il me reste à lire j'ai la certitude d'être
encore heureux."
Borges.
"Un livre qui veut durer, c'est un
livre qu'on doit pouvoir lire de plusieurs façons. Qui,
en tout cas, doit permettre une lecture variable, une lecture
changeante."
Borges
"Le livre n'est pas une entité close : c'est
une relation, c'est un centre d'innombrables relations."
Pierre
Bergounioux.
"Un vrai livre affecte à quelque
degré ce que nous pensions et, donc, ce que nous sommes.
Il change, dans une certaine mesure, le monde qui consiste,
en partie dans l'idée qu'on s'en fait, soit qu'il l'orne
et l'accroisse, soit qu'il en consomme la ruine. Mais ce désastre,
cette perte, si on les surmonte, peuvent être tournés
à profit, se muer en richesse et en joie. Nous étions
inégaux à ce qu'il y a. Nous vivions de peu. Nous
ne savions pas. Nous n'étions point qu'il est en nous,
qu'il est permis de devenir."
Christian Hubin..
"On n'aime pas un auteur pour son
art d'enfiler des perles, d'étager ses périodes
à coups d'escalator, de chantourner le vibrato - tous
ces trucages du "beau style" - ce stuc d'épithète
rare sur fond de remise de prix : plantes vertes de l'emphase
molle, bidets du lyrisme chromé : la seule littérature
nécessaire est toujours réponse à ce qui
n'a pas encore été demandé."
Milan
Kundera
"La littérature est le territoire de la suspension
du jugement moral."
Pétrarque
"Les auteurs ne veulent pas que leurs
lecteurs comprennent sans effort ce qu'ils n'ont pas sans effort
écrit eux même."
André
Du Bouchet
"Je le vois sans yeux, les mots étant des mains."
Michel
Baglin
"Le poète résiste en fait à l'appauvrissement
{du langage, de la sensibilité, de l'imaginaire} qui
est tout autant déperdition du sens qu'engourdissement
des sens."
Robert-Louis Stevenson
"Si je n'avais pas d'autres perspectives que de continuer
à tourner en rond parmi ces petites affaires ennuyeuses
et mesquines, d'être mû par les piètres espoirs
et les craintes dont ils entourent et animent leurs héros,
j'affirme que je mourrais sur l'heure. (...) Ces auteurs pourraient
me rétorquer (...) qu'il en va de même pour eux
et les autres personnes possédant (ce qu'ils appellent)
un tempérament artistique ; qu'en cela nous sommes exceptionnels
et devrions donc, apparemment, avoir honte de nous ; mais que
nos oeuvres doivent exclusivement s'occuper de (ce qu'ils appellent)
l'homme moyen, qui est un homme prodigieusement terne, et seulement
accessible aux considérations les plus mesquines (...).
cette insistance sur les aspects ternes de la vie et la mesquinerie
de l'homme est dans le fond une bruyante déclaration
d'incompétence. Peindre un homme sans aucune espèce
de poésie (...) révèle plutôt les
insuffisances de l'auteur (...). Les causes de la joie d'un
homme sont souvent difficiles à cerner. Elles ont si
peu de rapport avec l'extérieur (tel que l'observateur
l'inscrit dans son carnet) qu'elles n'y touchent peut-être
même pas et la véritable existence de l'homme,
pour laquelle il consent à vivre, serait uniquement réservée
au domaine de l'imagination. Il est possible que l'homme d'Église,
à ses moments perdus, gagne des batailles, que le fermier
pilote des navires, que le banquier triomphe dans les arts (...).
Dans pareil cas, la poésie court, souterraine, et l'observateur
(pauvre âme, avec ses documents !) est toujours au mauvais
endroit. Car prétendre "observer" l'homme,
c'est aller au-devant de bien des déconvenues. Nous voyons
le tronc d'où il tire sa subsistance, mais lui-même
est bien au-delà, déployé dans le dôme
du feuillage, traversé par les murmures du vent, peuplé
de nids de rossignols. Et le véritable réalisme
est celui des poètes, qui grimpent après lui comme
un écureuil et ainsi entrevoient un coin du ciel pour
lequel il vit. Oui, le véritable réalisme, toujours
et partout, est celui des poètes : découvrir où
réside la joie, et lui donner une voix bien au-delà
du chant. Car manquer la joie, c'est tout manquer. Dans la joie
des acteurs réside le sens de toute action. D'où
l'irréalité obsédante et vraiment spectrale
des ouvrages "réalistes". (...) Car aucun homme
ne vit dans la réalité extérieure, parmi
les sels et les acides, mais dans la chaude pièce fantasmagorique
de son cerveau, aux fenêtres peintes et aux murs historiés."
(Les Porteurs de lanterne)